Le biologiste qui croit à une Suisse sans pesticides

Rubrique Alimentation - Publié le 22.03.2018

Source: L'illustré - Directeur du laboratoire de biodiversité du sol de l’Université de Neuchâtel, EDWARD MITCHELL est la tête chercheuse de l’initiative «Pour une Suisse sans pesticides de synthèse».

Si le Neuchâtelois, mi-Fleurisan, mi-Britannique, a choisi d’étudier la biologie il y a trente ans, c’est parce qu’il avait «la volonté de faire quelque chose pour cette planète ».


Et voilà qu’en braquant un microscope passionné sur les thécamibes, des amibes qui en ont long à raconter sur l’évolution de l’environnement, Edward Mitchell, 47 ans, s’est retrouvé à mesurer l’impact des pesticides sur les sols, puis à traquer leur présence dans nos assiettes, puis à la dénoncer dans les médias.


Attirant ainsi l’attention d’Etienne Kuhn, un cadre de Sony Music Suisse sensible à l’environnement pas seulement musical, qui avait une idée folle à lui soumettre: une Suisse sans pesticides de synthèse. «Connaissant les forces en présence, je me suis d’abord dit: «Ouh là, ambitieux!» Puis j’ai réalisé qu’en Suisse on a une position assez unique pour faire bouger les choses avec un outil comme l’initiative populaire. Imaginez: l’impact serait énorme!


Cela enlèverait tout argument à l’industrie phytosanitaire pour vendre ses produits.» Et voilà comment Edward Mitchell, qui a déjà trois enfants, en est venu à partager la paternité de l’initiative lancée en novembre dernier, fixant à dix ans le délai pour abandonner les pesticides de synthèse et mettre fin à l’importation de denrées qui en contiennent ou qui ont été produites grâce à eux. Des pesticides de synthèse au rang desquels figurent, rappelons- le, le glyphosate, que l’OMS a jugé «probablement cancérogène», et les tristement célèbres néonicotinoïdes, massacreurs d’abeilles.


Ne nous le cachons pas, c’est un sacré défi! Mais réalisable, le biologiste en est absolument convaincu. Aux détracteurs de l’initiative, qui invoquent une baisse de production de 20 à 40%, il répond retour à l’équilibre des sols, fin du gaspillage alimentaire, des fruits et légumes calibrés, de la nourriture jetée, mais aussi rotation des cultures, permaculture, remplacement des variétés chimiquement dépendantes…


Aboutira? Aboutira pas? Réponse le 29 mai 2018.


Texte: Mireille Monnier

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