L’homme pour qui manger local n’est pas idéal

Rubrique Alimentation - Publié le 28.03.2018

Source: L'illustré - Ex-banquier et promoteur immobilier, LUCIEN WILLEMIN voue depuis dix ans tout son temps à la promotion du «prendre soin de la vie». Son dernier livre remet en question les vertus du manger local.

Il a roulé sa bosse, Lucien Willemin. Beaucoup de voyages sac au dos avec son épouse, beaucoup de virages dans son parcours professionnel, de la banque à l’immobilier en passant par l’horlogerie. De quoi nourrir pas mal d’interrogations sur la marche du monde. Alors, il y a dix ans, à l’aube de ses 40 ans, ce Franc-Montagnard, Chaux-de-Fonnier d’adoption, a décidé de s’offrir du temps pour réfléchir, prendre du recul, «développer sa propre vision des choses».


L’écologie, il s’en souciait déjà. Sa maison de bois, chauffage à pellets, eau de pluie récupérée, solaire actif et passif, a 21 ans. Mais la découverte de l’énergie grise lui a donné des ailes. Ou en tout cas une plume. Il a ainsi publié trois petits livres, En voiture Simone! Comprendre l’énergie grise, Fonce Alphonse! Croissance, décroissance: sortons de l’impasse et enfin le dernier, Tu parles Charles! Manger local, c’est loin d’être l’idéal, qui a déjà fait couler beaucoup d’encre. Lucien Willemin y explique en effet que, en règle générale, le bio, même étranger, est toujours préférable au non bio, même local.


Le chiffre - En Suisse, 13% de l’agriculture est bio


Une position à contre-courant qu’il justifie en arguant que l’agriculture conventionnelle, même intégrée, utilise des pesticides de synthèse qui tuent la vie (comme leur nom l’indique) et que ces substances se répandent dans l’environnement en échappant à tout contrôle. Et n’essayez même pas de lui rétorquer qu’il faut prendre en compte l’empreinte carbone du bio qui vient de loin, sa réponse claque: mettons aussi dans la balance l’énergie grise, le CO2 et la pollution chimique générés par la fabrication, le transport et l’épandage des pesticides!


La démonstration est intéressante et il vaut la peine de consacrer une heure à la lecture de Tu parles Charles! pour se faire sa propre opinion, un objectif cher à l’auteur. Prendre sa vie en main et prendre soin de la vie sont les deux credo de notre homme et il a même créé un symbole pour communiquer avec tous ceux qui ont décidé de se mettre en chemin pour améliorer la situation du vivant: chaussures rouges aux pieds.


Texte: Mireille Monnier

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